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	<title>Nolwenn Roussier</title>
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	<description>Journaliste &#38; Photographe</description>
	<pubDate>Fri, 06 Aug 2010 10:04:26 +0000</pubDate>
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		<title>« Quand on est sourd c&#8217;est presque plus facile de voyager »</title>
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		<pubDate>Fri, 06 Aug 2010 10:02:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nolwenn</dc:creator>
		
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		<description><![CDATA[Rencontre avec Daniel Buffart-Moret, sourd et voyageur, fondateur de l&#8217;association les Montagnes du silence qui organisent des expéditions pour faire découvrir la montagne aux sourds et malentendants.


Il entend et il parle très bien. Etrange pour un sourd. Aux oreilles d&#8217;inconnus il passe pour « normal ». Daniel Buffart-Moret vient d&#8217;une famille d&#8217;entendant. Appareillé à 7 ans, il [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Rencontre avec Daniel Buffart-Moret, sourd et voyageur, fondateur de l&#8217;association les Montagnes du silence qui organisent des expéditions pour faire découvrir la montagne aux sourds et malentendants.</p>
<p><strong><span id="more-176"></span><br />
</strong></p>
<p>Il entend et il parle très bien. Etrange pour un sourd. Aux oreilles d&#8217;inconnus il passe pour « normal ». Daniel Buffart-Moret vient d&#8217;une famille d&#8217;entendant. Appareillé à 7 ans, il lit sur les lèvres. Sa difficulté à percevoir les sons se trahit seulement dans un environnement bruyant. Et quand il débranche sa prothèse auditive pour être tranquille.</p>
<p>Daniel Buffart-Moret est passionné de montagne. Il est tombé dedans à l&#8217;âge de 14 ans quand une amie sourde l&#8217;a emmené marcher autour du Mont-Blanc. Depuis, grimper lui est nécessaire. Un diplôme de dessinateur architecte en poche, il est embauché par le bureau d&#8217;études d&#8217;architecture de la station de ski des Arcs. Il commence à sillonner le globe à la recherche de terrains favorables à la création de station de ski.  Il connaît les montagnes du Kazakhstan, de Turquie, d&#8217;Amérique du Sud&#8230; Pendant 10 ans, été comme hiver, il a assouvi sa passion des sommets&#8230; mais à toute allure. Jusqu&#8217;à sa rencontre avec Paul Pellecuer, guide de haute-montagne, lors d&#8217;une expertise en Slovaquie. Une amitié est née et Daniel Buffart-Moret a découvert la montagne autrement. <em>« Petit à petit, Paulo m&#8217;a appris à ouvrir les yeux, plus exactement à ne plus cavaler comme un sourd. Maintenant à chaque expédition, je ressens le besoin de m&#8217;isoler, de débrancher mon appareil pour être encore plus dans le silence. Il m&#8217;arrive alors de pleurer, ému par la beauté d&#8217;un paysage. » </em></p>
<p>Cette expérience de la montagne, peu de sourds la partage. <em>« Les parents et les médecins découragent de pratiquer la montagne car les sourds ont un problème d&#8217;équilibre, ça peut être dangereux. Moi j&#8217;ai acheté une corde, je me suis jeté dans le vide pour voir si j&#8217;avais le vertige. » </em>Le résultat est sans appel, un peu d&#8217;entraînement et n&#8217;importe qui peut pratiquer la randonnée. Avec sa femme, ils emmènent des amis sourds marcher et une idée germe dans son esprit. L&#8217;association <em>Les Montagnes du Silence, </em>voit le jour en 2002<em>.</em> Les sourds connaissent mal la montagne et les entendants connaissent mal le monde des sourds. Dimension militante, de rêve et d&#8217;écologie.</p>
<p>Un beau matin, un projet d&#8217;expédition un peu fou voit le jour. Le montagnard convainc son ami guide d&#8217;organiser une aventure mer et montagne entre sourds et entendants. Ce sera sur les traces de Sir Ernest Shackelton, explorateur britannique qui, en 1916, sauva son équipage en traversant la Géorgie du sud dans des conditions extrêmes. La sélection de l&#8217;équipe fut drastique, les deux ans de préparation très difficiles mais le résultat en valait la peine. Le 11 novembre 2004, 16 sourds et entendants ont embarqué à bord du bateau polaire Tara pour une aventure hors du commun. <em>« L&#8217;entente serait-elle bonne ? J&#8217;avais peur mais l&#8217;ambiance a été exceptionnelle. En milieu hostile c&#8217;est plus facile de communiquer, on fait bloc. Et devant un beau paysage, sourds et entendants ont le même regard, les mêmes sentiments. » </em>La traversée de la Géorgie se passa sans accident, ni mésententes majeures. Les yeux se sont remplis d&#8217;images, de paysages époustouflants et de drôle de rencontres avec les morses, les otaries, les pingouins&#8230; L&#8217;effort fut intense et le partage riche. A l&#8217;arrivée, après 4 jours de marche et de bivouac dans la neige, les deux interprètes furent mis au chômage. Sourds et non-sourds n&#8217;avaient plus besoin de traduction pour se comprendre. Quelques signes, quelques gestes et des regards. Daniel Buffart-Moret avait réussi son pari. <em>« J&#8217;avais souhaité que les sourds s&#8217;intègrent dans le groupe des entendants. Je n&#8217;avais pas imaginé que les entendants se faufileraient dans la communauté des sourds. Personne n&#8217;est revenu indemne.»</em></p>
<p>Et surtout pas Daniel. A 50 ans, une énergie débordante l&#8217;anime. Depuis trois ans, il travaille sur une aventure au Svalbard qui vient de s&#8217;achever. Du 6 mai au 4 juin, 7 jeunes sourds sont partis pour 700 km de circuit près du 80<sup>e</sup> parallèle avec l&#8217;ascension du plus haut sommet et la rencontre de scientifiques à la base de Ny-Alesund. L&#8217;expérience fut extraordinaire, très suivie par la communauté sourde de France et un documentaire retracera le voyage dans l&#8217;émission <em>L&#8217;œil et la main</em> sur France 5 en octobre.</p>
<p>D&#8217;autres projets se bousculent dans l&#8217;esprit de Daniel Buffart-Moret : le partage avec des sourds étrangers, des expéditions dans les pays chauds&#8230; En attendant, il continue de voyager avec sa femme autour du globe. <em>« C&#8217;est presque plus facile pour un sourd de voyager. Nous sommes une grande famille, partout  les maisons sont ouvertes, on est accueilli à bras ouverts. La barrière de la langue n&#8217;existe quasiment pas, quelques signes diffèrent mais l&#8217;essentiel est commun, on se comprend vite. »</em></p>
<p>Pour le récit de l&#8217;aventure au Svalbard : <a href="http://www.lesmontagnesdusilence.org/" onclick="javascript:pageTracker._trackPageview('/outbound/article/www.lesmontagnesdusilence.org');">www.lesmontagnesdusilence.org</a></p>
<h4>L&#8217;aventure d&#8217;Ernest Shackelton</h4>
<p>Le 1<sup>er</sup> août 1914, Sir Ernest Shackelton quitte l&#8217;Angleterre pour tenter de traverser l&#8217;Antarctique avec 28 hommes. Après s&#8217;être ravitaillé en Géorgie du Sud, le voilier repart vers le sud. Emprisonné par la glace, le navire dérive neuf mois avant de se briser. Les hommes se laissent porter par les blocs de glace puis mettent trois canots à la mer pour rejoindre l&#8217;île de l&#8217;Eléphant. Mais personne ne passe à cet endroit. Shackelton décide alors de partir avec cinq hommes vers la Géorgie du Sud pour demander de l&#8217;aide. 1300  km dans un minuscule canot au milieu d&#8217;un océan capricieux. Ils atteignent l&#8217;île à l&#8217;Est et les stations baleinières sont à l&#8217;Ouest. Ils traversent donc l&#8217;île sans carte, sans repères, sans dormir, en passant des cols à plus de 3000m. Après 36h de marche ils arrivent enfin. Les 28 hommes seront sains et saufs en mai 1916 après plus d&#8217;un an de dérive dans les glaces.</p>
<h3>Conseils aux voyageurs</h3>
<p>Pour voyager dans les contrées polaires, ayez une bonne forme physique non seulement pour pouvoir s&#8217;aventurer à l&#8217;intérieur sur ces « terres », mais pour le faire d&#8217;une façon très respectueuse de cette nature.</p>
<p>Pensez à « compenser » votre voyage, afin d&#8217;en minimiser son impact écologique, en soutenant des programmes de protection du climat par la réduction des émissions de CO2.</p>
<p>Les sourds sont une grande famille. Si vous l&#8217;êtes, n&#8217;hésitez pas à aller à leur rencontre, vous serez accueillis à bras ouvert.</p>
<p>Comme les sourds, soyez silencieux, respectez la faune.</p>
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		<title>Niger, à la rencontre des hommes voilés</title>
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		<pubDate>Fri, 06 Aug 2010 09:51:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nolwenn</dc:creator>
		
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		<description><![CDATA[18 février, Niamey, la capitale. Des coups de feu retentissent près du palais, l&#8217;armée demande au président Tandja de se rendre. Ce fut un coup d&#8217;état tranquille : quelques heures, « seulement » trois morts. Les médias internationaux ont relayé l&#8217;information. Un peu. C&#8217;est où le Niger ? Quelque part dans le Sahara, au sud de l&#8217;Algérie, à l&#8217;Est [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>18 février, Niamey, la capitale. Des coups de feu retentissent près du palais, l&#8217;armée demande au président Tandja de se rendre. Ce fut un coup d&#8217;état tranquille : quelques heures, « seulement » trois morts. Les médias internationaux ont relayé l&#8217;information. Un peu. C&#8217;est où le Niger ? Quelque part dans le Sahara, au sud de l&#8217;Algérie, à l&#8217;Est du Mali. Pour les voyageurs en quête d&#8217;authentique et de découverte, le Nord-Niger se révèle magnifique et abrite un peuple fascinant les Touaregs.</p>
<p><span id="more-171"></span><a href="http://blog.nroussier.org/wp-content/uploads/2010/08/touareg.pdf" onclick="javascript:pageTracker._trackPageview('/downloadsblog./wp-content/uploads/2010/08/touareg.pdf');">Article paru dans Shi-zen</a></p>
<p>Descente de l&#8217;avion, dépaysement assuré. Chèvres et enfants jouent au bord de la piste. La température monte à 20 voire 30°C au-dessus des normales saisonnières françaises. Et le comité d&#8217;accueil est réunit devant cet avion providentiel amenant des blancs dans ce coin du monde. « Bonjour madame ! Un cheich ? Un chameau ? Un collier ? » Une fois, deux fois, trois fois, il va falloir s&#8217;habituer. La case Agadez est déroutante. La ville contraste avec la quiétude et la beauté du Sahara mais permet une vraie prise de conscience de la situation du pays. Joyeux capharnaüm, Agadez vit dans la poussière, les sacs plastiques qui volent et les enfants en uniforme rentrant de l&#8217;école. Les belles maisons de terre côtoient les ruines causées par l&#8217;inondation de l&#8217;été dernier. Le quartier des artisans, où les fameux bijoux touaregs sont confectionnés, côtoie le marché aux bestiaux où la viande en plein soleil pour le bonheur des mouches. Le centre-ville est un concert de klaxons, de cris de vendeurs ambulants et des bruits du marché. Agadez s&#8217;agite, souffre et fatigue. Le chômage pointe à 80%, les projets de développement arrivent difficilement jusqu&#8217;ici et le tourisme dépend de l&#8217;agitation de la région. Alors les blancs avec leurs devises sont plus que bienvenus. Même si Agadez est rarement leur destination finale.</p>
<p><strong>Le désert, un retour aux sources</strong></p>
<p>Aux portes de la ville, le désert s&#8217;étend à perte de vue. Trois routes goudronnées partent vers le nord. Une vers Arlit et les mines d&#8217;uranium exploitées par Areva (on se demande d&#8217;ailleurs pourquoi ce pays si riche en uranium est si pauvre&#8230;). Une autre mène à Timia et Iférouane au cœur des montagnes de l&#8217;Aïr. Une dernière conduit à Bilma, longeant les dunes du Ténéré. Pour aller ailleurs, un bon 4&#215;4, un Touareg qui se guide au soleil et l&#8217;abandon au principe d&#8217;aventure. Dans le désert, pas de panneaux indicateurs, pas de repères, seulement une confiance aveugle en ses guides. Dans le désert, pas d&#8217;eau courante, d&#8217;électricité, de médecin, de matelas moelleux &#8230; Dans le désert, un sentiment de liberté intense, des discussions passionnantes autour du feu et des étoiles brillant comme nulle part ailleurs. L&#8217;expérience est semblable dans tous les pays comprenant un coin de Sahara. Dormir à la belle étoile, dans la plus grande chambre du monde. Grimper sur un dromadaire pour admirer le paysage de plus haut. Redécouvrir les fondamentaux de la vie : manger, boire, dormir et aimer.</p>
<p><strong>Des paysages envoûtants</strong></p>
<p>L&#8217;Aïr est un massif montagneux volcanique où les parois sont abruptes et acérées. Au pied de ses pitons, se nichent des vallées encaissées comme les Bagzhanes. Le sentiment d&#8217;être petit et perdu au cœur de ce monde prend tout son sens. L&#8217;oasis de Timia, panier à légumes, est un éden verdoyant dans cette aridité. Des camions en partent tous les jours pour approvisionner le marché de la ville. Plus au nord, les ruines d&#8217;Assodé, ancienne grande capitale touarègue, révèlent encore quelques trésors. L&#8217;Aïr est le berceau des Touaregs au Niger.</p>
<p>A l&#8217;Est de l&#8217;Aïr s&#8217;étend le Ténéré. Il offre le paysage des cartes postales, ces grandes dunes de sable blond, modelées par le vent. Les caravanes de sel empruntent toujours des chemins à travers cette immensité écrasée de soleil. S&#8217;y aventurer seul est une folie, bien accompagné c&#8217;est vivre un rêve éveillé.</p>
<p>Au sud d&#8217;Agadez s&#8217;élèvent les falaises de Tiguidit. Peu courues des touristes, elles offrent pourtant une grande diversité de panoramas. De plateaux entre sable et herbe à chameaux, aux falaises escarpées et petites dunes en passant par les oueds, les yeux n&#8217;en finissent pas de découvrir de nouveaux paysages.</p>
<p>Là, vivent les Touaregs. Grands, droits, fiers en djellaba et cheich ne laissant apparaître que leurs yeux. Et quels yeux !</p>
<p><strong>Une histoire est longue et mouvementée. </strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p>Dans les carnets de voyage des explorateurs, les Touaregs sont décrits comme des hommes bleus cruels, montés sur leur dromadaire et maniant l&#8217;épée férocement. Pourquoi bleus ? Simplement parce que la teinture de leur cheich déteignaient sur leur visage. Ces guerriers mystérieux n&#8217;étaient que des hommes défendant leur terre. Aujourd&#8217;hui loin de ce mythe, les Touaregs se battent toujours pour leur survie. Depuis la colonisation ils ont beaucoup souffert. Nomades, les Touaregs n&#8217;appartiennent pas à une nation, leur territoire est le désert et dans le désert, les frontières n&#8217;existent pas. La décolonisation apporta des régimes ignorant ce peuple et l&#8217;obligeant à se fondre dans l&#8217;Etat ou à être oublié. Ils sont tombés dans l&#8217;oubli, refusant d&#8217;être recensé et d&#8217;aller à l&#8217;école. Enfin, les sécheresses, les famines et les conflits ont affaibli ceux qui, refusant d&#8217;aller s&#8217;entasser dans les villes, sont restés nomades. Alors en 1990 ils se sont rebellés. Ils ont réclamé leur place et leurs droits. Une reconnaissance comme citoyens du pays, une intégration dans les arcanes du pouvoir et une meilleure répartition des revenus tirés de l&#8217;uranium sur leur territoire de vie. Mais la paix fut signée trop vite et les promesses non tenues. La rébellion a repris en 2007. L&#8217;histoire s&#8217;est répétée, les chefs rebelles ont pris l&#8217;argent offert pour la paix et ont fuit leurs combattants. Se rendre dans le nord-Niger n&#8217;est de nouveau possible que depuis janvier 2010. Les cendres des deux rébellions sont encore chaudes, qu&#8217;adviendra-t-il ? La chute de Mamadou Tandja verra-t-elle une amélioration ? Peut-être. Personne ne regrette le dirigeant dictateur. Le coup d&#8217;état fut critiqué par l&#8217;opinion internationale mais seulement pour le principe. Aujourd&#8217;hui le pays est en transition et la junte militaire a promis de laisser le pouvoir aux civils en 2011. Affaire à suivre.</p>
<p><strong>Une tradition de l&#8217;accueil et de la solidarité</strong></p>
<p>En attendant mieux, les Touaregs préservent leur culture et la partage avec les voyageurs. Très pudiques, ils se dévoilent difficilement. Au sens propre comme au figuré. S&#8217;ils enlèvent leur cheich, ils se sentent à l&#8217;aise. S&#8217;ils parlent d&#8217;eux, vous êtes un ami. Les Touaregs sont musulmans pourtant les hommes se voilent, non les femmes. Belles, il ne faut pas les cacher. Elles ont une place importante au sein de leur peuple et sont respectées. Dans la tente, elles décident, tout leur appartient. Dehors, c&#8217;est le territoire des hommes. Très hiérarchique, quatre milieux sociaux régissent les relations des Touaregs. Les nobles, à la tête des différents clans composant la société touarègue, sont astreints à un code de l&#8217;honneur strict. Les forgerons (artisans) sont attachés à une famille noble qui leur doit protection et assistance. Ces derniers et les hommes libres ne respectent pas ce code d&#8217;honneur. Les esclaves n&#8217;existent plus. Assister à des rencontres entre Touaregs est le meilleur apprentissage de leurs coutumes qui soit. « Madjaffo » (Bonjour). Ils ne se serrent pas la main, ils se « caressent » la paume minimum trois fois jusqu&#8217;à ce que le plus élevé socialement stoppe le mouvement. Les formules de salut et de politesse sont très longues. Lors des discussions, ils ne se regardent pas dans les yeux. Plus ils se respectent moins ils se regardent et parfois ils se tournent presque le dos. Etrange et déstabilisant, quand, pour les occidentaux, ces comportements sont signes d&#8217;impolitesse. Mais malgré cette apparente distance, les Touaregs sont très accueillants et la solidarité est sacrée. Les tentes sont toujours ouvertes pour quelqu&#8217;un dans le besoin et ils partageront le peu qu&#8217;ils possèdent.</p>
<p>Dans les campements la nuit tombe vite. A la lumière du feu de bois, sous les étoiles, avec les trois thés, la journée prend fin. Les hommes et les femmes se détendent, chantent, rient et profitent du moment présent sans penser à demain. Demain, le mil sera pilé, les troupeaux emmenés au puits, les enfants iront peut-être à l&#8217;école et la vie continuera. Ils n&#8217;ont pas appris à faire des projets d&#8217;avenir. Mais tant qu&#8217;il y aura des hommes et des femmes pour parler tamashek et vivre dans le désert, les Touaregs survivront. « Arijilyane » (Au revoir).</p>
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		<title>Les défis de l&#8217;UICN</title>
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		<pubDate>Fri, 06 Aug 2010 09:17:32 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[L&#8217;Union mondiale pour la nature (UICN) a plus de 60 ans et autant d&#8217;années à veiller à ce que la nature garde son intégrité et sa diversité, à ce que les ressources naturelles soient utilisées de manière équitable et écologiquement durable.

Article Image &#38; Nature
16 306. C&#8217;est le nombre d&#8217;espèces animales et végétales menacées d&#8217;extinction dans [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>L&#8217;Union mondiale pour la nature (UICN) a plus de 60 ans et autant d&#8217;années à veiller à ce que la nature garde son intégrité et sa diversité, à ce que les ressources naturelles soient utilisées de manière équitable et écologiquement durable.</p>
<p><span id="more-157"></span></p>
<p><a href="http://blog.nroussier.org/wp-content/uploads/2010/08/uicn.pdf" onclick="javascript:pageTracker._trackPageview('/downloadsblog./wp-content/uploads/2010/08/uicn.pdf');">Article Image &amp; Nature</a></p>
<p>16 306. C&#8217;est le nombre d&#8217;espèces animales et végétales menacées d&#8217;extinction dans le monde. L&#8217;UICN (Union pour la Conservation de la Nature ou Union mondiale pour la nature) détaille ce chiffre dans la nouvelle liste rouge qu&#8217;elle a publiée en septembre 2007. « Cette liste est la partie émergée de l&#8217;iceberg, explique Sébastien Moncorps, directeur de l&#8217;UICN France. D&#8217;autres espèces sont certainement menacées mais nous n&#8217;avons pas assez de données pour l&#8217;affirmer. » Tous ceux qui s&#8217;intéressent quelque peu à la nature connaissent l&#8217;UICN et sa liste rouge mais qu&#8217;y a-t-il derrière ? Qu&#8217;est-ce que cela cache ? Qui sont ses membres</p>
<p><strong>L&#8217;UICN, une structure collégiale</strong></p>
<p>En 1948, à Fontainebleau, l&#8217;UNESCO, la ligue suisse pour la conservation de la nature et le gouvernement français crée l&#8217;Union Internationale pour la  Protection de la  Nature (UIPN). Elle change le P en C de conservation et au fil des ans, prend de l&#8217;ampleur. Aujourd&#8217;hui elle se compose de 84 gouvernements, 111 agences gouvernementales et plus de 800 organisations non gouvernementales. Contrairement à beaucoup d&#8217;association dont les membres sont individuels, l&#8217;UICN est constituée de membres collectifs. Ce qui fait son unicité. « On a largement vanté le grenelle de l&#8217;environnement car l&#8217;Etat dialoguait enfin avec les ONG, précise Sébastien Moncorps. Chez nous c&#8217;est régulier, c&#8217;est dans le principe même de l&#8217;UICN. » Pour autant, l&#8217;union reste indépendante et ne semble pas soumise aux influences des gouvernements qui la composent. C&#8217;est d&#8217;ailleurs plutôt l&#8217;inverse, l&#8217;UICN ne se gêne pas pour prendre position, quand il le faut,  contre un Etat membre, négligent en matière de protection des espèces.</p>
<p>Pour compléter l&#8217;organisation, 1000 salariés répartis dans les différents bureaux nationaux et régionaux, et 10 000 experts bénévoles collaborent avec les membres. Ils se réunissent tous les 4 ans pour le congrès mondial de la nature où sont décidés les programmes à mener. Malgré la supériorité numérique des ONG, les décisions doivent être conjointes entre le collège gouvernemental et le collège non gouvernemental.</p>
<p><strong>La liste rouge un outil de référence</strong></p>
<p>Le travail le plus visible de l&#8217;UICN est sa liste rouge mais 6 commissions la composent avec des compétences spécifiques : la commission de sauvegarde des espèces (CSE), la commission chargée des aires protégées, la commission du droit à l&#8217;environnement (elle met notamment en place les conventions sur la biodiversité), la commission éducation et communication, la commission gestion des écosystèmes et la commission politique environnementale économique et sociale (concept de développement durable). Avec un budget de 80 millions d&#8217;euros par an, financé par les cotisations de ses membres, des partenariats avec les gouvernements et des fonds levés spécifiquement pour chaque projet, l&#8217;UICN a un poids considérable. La liste rouge est reconnue comme l&#8217;outil de référence le plus fiable sur l&#8217;état de la diversité biologique. Jane Smart, chef du programme de l&#8217;UICN pour les espèces explique : « Nous devons connaître l&#8217;état précis des espèces pour pouvoir prendre des mesures qui s&#8217;imposent. C&#8217;est ce que fait la Liste rouge en mesurant l&#8217;état de la diversité biologique à l&#8217;échelon mondial, le rythme auquel elle disparaît et les causes du déclin. »</p>
<p>Ces publications successives n&#8217;ont cependant aucune valeur réglementaire. « Nous faisons un travail de lobbying auprès des gouvernements, des entreprises&#8230; rappelle Sébastien Moncorps. Nous avons une mission d&#8217;information, de sensibilisation et d&#8217;appel à la protection des espèces. » Et ce travail de lobbying est efficace la plupart du temps. En 2003, l&#8217;UICN France a adopté une position concernant le Fond français pour l&#8217;environnement. Elle souhaitait qu&#8217;il mette en place un fond spécial destiné à soutenir les petits projets portés par des associations en Afrique. En 2005, ce fond est devenu réalité. L&#8217;organisation est également à l&#8217;origine de la stratégie nationale pour la biodiversité qu&#8217;essaie d&#8217;appliquer le gouvernement français.</p>
<p>Seulement les actions ne suivent pas et l&#8217;UICN n&#8217;est pas entendue. Là s&#8217;arrête son pouvoir. « C&#8217;est à nous les ONG de porter les recommandations auprès des politiques, explique Christine Sourd, directrice adjointe des programmes chez WWF. Il y a quelques années, nous servions de porte-voix à l&#8217;UICN avant qu&#8217;ils ne communiquent eux-même. » Les ONG sont satisfaites de leur collaboration avec l&#8217;Union. Sur certains dossiers où elles rencontrent des difficultés, l&#8217;UICN a plus de facilités de traitement et inversement. « Cette collaboration apporte également une meilleure vision globale du chemin à parcourir, précise Christine Sourd. Cela permet d&#8217;éviter que chaque ONG se batte pour son bout de terrain. » En principe car dans les faits, coordonner toutes les parties n&#8217;est pas toujours chose aisée. « Cette diversité est la force de l&#8217;UICN mais aussi sa faiblesse car tout ce monde doit travailler ensemble, admet Sébastien Moncorps. »</p>
<p>En cela l&#8217;UICN ressemble à une ONU de la nature : indispensable, mais avec des pouvoirs parfois limités.</p>
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		<title>Faut-il brûler les guides de voyages ?</title>
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		<pubDate>Mon, 25 May 2009 12:46:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nolwenn</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Enquêtes]]></category>

		<category><![CDATA[guides touristiques]]></category>

		<category><![CDATA[Lonely planet]]></category>

		<category><![CDATA[thomas kohnstamm]]></category>

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		<description><![CDATA[Un scandale a éclaté chez Lonely Planet en mai 2008 à cause de certaines déclarations d&#8217;un auteur de guide touristique. Cette actualité a été l&#8217;occasion d&#8217;une enquête sur les façons dont sont réalisés les guides de voyages.

Article guides dans Ulysse

Faut-il brûler les guides touristiques ?
Il occupe des rayonnages entiers dans les librairies, pèse 91 millions de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Un scandale a éclaté chez Lonely Planet en mai 2008 à cause de certaines déclarations d&#8217;un auteur de guide touristique. Cette actualité a été l&#8217;occasion d&#8217;une enquête sur les façons dont sont réalisés les guides de voyages.</p>
<p><span id="more-87"></span></p>
<p><a href="http://blog.nroussier.org/wp-content/uploads/2009/01/guide-pdf-72-dpi.pdf" onclick="javascript:pageTracker._trackPageview('/downloadsblog./wp-content/uploads/2009/01/guide-pdf-72-dpi.pdf');">Article guides dans Ulysse</a></p>
<p><!--[if gte mso 9]><xml> Normal   0   21 </xml><![endif]--><!--  --></p>
<p><span style="color: #888888;"><strong>Faut-il brûler les guides touristiques ?</strong></span></p>
<p>Il occupe des rayonnages entiers dans les librairies, pèse 91 millions de chiffre d&#8217;affaire et se décline dans des dizaines de collections et plus de 3000 titres différents (6,4 millions d&#8217;exemplaires vendus en 2007). Le guide touristique, qu&#8217;il soit généraliste ou spécialisé, haut de gamme ou destiné aux petits budgets, est devenu depuis quelques années le compagnon de route indispensable des voyageurs. Lonely Planet, les Guides Michelin, le Petit Futé, le Guide du Routarf, Géoguide, parmi les plus connus, se partagent un juteux marché qui, s&#8217;il a enregistré une très légère baisse en 2007 (-1,2%), reste florissant.</p>
<p>La réputation des guides a pourtant été mise en doute en mai dernier avec « l&#8217;affaire Lonely Planet ». Thomas Kohnstamm, ancien auteur chez le célèbre éditeur, aurait « bidonné » le guide sur la Colombie. L&#8217;intéressé vient de publier un livre sur son travail où il dévoile quelques-unes de ses pratiques, pas toujours orthodoxes. La vérité a finalement été dévoilée (voir interview) mais le mal était fait, le doute s&#8217;est installé. Finalement, sait-on comment est réalisé un guide touristique ? Quelles garanties les utilisateurs ont-ils que les informations données sont exactes, sélectionnées et testées en toute indépendance ?</p>
<p>Chaque responsable éditorial a sa méthode mais sur le papier, les guides se ressemblent tous plus ou moins. Les chapitres, à quelques détails près, fournissent la même information de base, recueillie auprès de sources officielles telles que les offices du tourisme ou les ambassades. La différence ou l&#8217;originalité d&#8217;un guide reposera donc davantage sur les recherches préalables et les trouvailles sur place de l&#8217;auteur. Pour Pierre Grundmann, auteur de guides Evasion, les habitants ainsi que les voyageurs qu&#8217;il rencontre sont des ressources non négligeables. <em>«  Je m&#8217;insère au maximum dans les groupes pour les visites ou les balades. Je me présente tout de suite, ce qui permet d&#8217;échanger des infos avec les autres membres du groupe. » </em>En général, les enquêteurs préfèrent rester anonymes, en particulièr chez les hôteliers ou les restaurateurs. Stephan Szeremeta, le directeur éditorial du Petit Futé nuance. <em>« On considère que pour les hôteliers, c&#8217;est plus sympa de savoir à qui ils ont affaire. Mais il est vrai que, parfois, c&#8217;est plus simple d&#8217;être anonyme pour éviter de passer un temps fou avec quelqu&#8217;un qui veut faire sa publicité. »</em></p>
<p>Le temps&#8230; Une denrée rare et précieuse dont manquent parfois les auteurs pour tester toutes les adresses mentionnées. Mais cela ne veut pas dire pour autant que les lecteurs soient trompés sur la marchandise. <em>« On ne peut pas dire que les auteurs vont dans tous les endroits qu&#8217;ils décrivent, précise Pierre Grundmann. Ils font un travail de journaliste, ils se renseignent, vérifient les informations. »</em> Olivier Cirendini, auteur chez Lonely Planet, a choisi une technique de rédaction. <em>« Plutôt que de tromper le lecteur en essayant de faire croire que j&#8217;ai mangé dans un restaurant, je préfère écrire que cette adresse est appréciée localement. »</em> Vincent Grandferry, auteur pour Géoguide et Cartoville, préfère pour sa part ne prendre aucun risque. <em>« Je ne mets, dans mes guides, que des restaurants où j&#8217;ai mangé. En général j&#8217;en teste deux au cours du même repas. »</em> Deux, voire trois, pour certains auteurs. Car le quotidien d&#8217;un enquêteur sur le terrain est loin de ressembler à celui d&#8217;un vacancier. La journée est presque trop remplie, entre les visites d&#8217;hôtels, de restaurants ou de musées, sans compter la tournée des bars et des boîtes de nuits, voire les randonnées et autres activités sportives, pour certains guides. Il reste peu de place pour l&#8217;imprévu et pourtant un auteur doit pouvoir se laisser entraîner par un habitant vers des lieux inconnus qui pourraient présenter un intérêt. Tous sont d&#8217;accord pour dire que c&#8217;est un métier passionnant mais épuisant. <em>« De temps en temps, j&#8217;aimerais redevenir voyageur pour avoir le temps d&#8217;en profiter, » </em> avoue Pierre Grundmann.</p>
<p>Sur place, la durée de l&#8217;investigation dépend de la politique des collections et de la taille d&#8217;un pays ou d&#8217;une région. Pour une création de guide entre deux et cinq mois environ sont nécessaires. Pour une mise à jour, entre deux semaines et deux mois suffisent. Ce délai dépend aussi de l&#8217;auteur. Pour les guides dits d&#8217;auteur (par exemple, les guides Evasion), le rédacteur, seul à écrire l&#8217;ensemble de guide, a besoin de rester plus longtemps sur le terrain. D&#8217;autres collections envoient plusieurs auteurs en même temps, chacun couvrant une région spécifique. Géoguide a une méthode un peu différente, selon Frédérique Jubien, responsable éditoriale. <em>« En général un auteur ne reste pas plus d&#8217;un mois et demi dans le pays car on a remarqué une érosion de l&#8217;information après cette période. C&#8217;est normal vu l&#8217;intensité du travail. Il rentre ensuite pour écrire pendant 6 semaines puis il repart. Entre-temps, un autre auteur a pris la relève. »</em></p>
<p>Qui sont ces auteurs ? Sérieux dans leur grande majorité, même s&#8217;il est possible que certains profitent d&#8217;une mission tous frais payer pour prendre des vacances en se contentant de récupérer les informations sur Internet. Si beaucoup sont des journalistes, un nombre non négligeable est humanitaire, étudiant ou retraité. Les éditeurs leur font passer tests et entretiens pour vérifier leur capacité rédactionnelle et leur motivation, une des conditions fondamentales étant bien sûr l&#8217;envie de voyager. Au Petit Futé, Stephan Szeremeta raisonne un peu autrement : <em>« Nous essayons toujours de travailler avec des gens du cru. Des personnes vivant sur place ou des personnes connaissant très bien le pays pour y être allé souvent. C&#8217;est plus authentique. »</em> Une fois l&#8217;auteur sur le terrain, l&#8217;éditeur doit lui faire confiance. Une confiance qui n&#8217;exclut pas le contrôle. L&#8217;enquêteur est en contact permanent avec son responsable, qui a une feuille de route de son périple. Après le rendu de la copie, celle-ci est vérifiée. <em>« Pour valider le manuscrit on procède par sondage. On appelle une dizaine d&#8217;établissements pour vérifier les informations, explique Stephan Szeremeta. En général, ça suffit pour se faire une idée du travail. Si on détecte un erreur, on rappelle dix autres établissements. » </em>Durant la relecture le plagiat, sur Internet par exemple, peut être repéré. C&#8217;est arrivé à Frédérique Jubien. «<em> Il y avait un décrochage de style, le texte manquait de chair, on s&#8217;est rendu compte que l&#8217;auteur avait « bidonné ». On a donc refusé la copie et envoyé quelqu&#8217;un d&#8217;autre sur place. Heureusement cela arrive très rarement. »</em> Le copinage ou les auteurs qui ont accepté des pots-de-vin contre une bonne critique sont plus difficiles à déceler. Les courriers de lecteurs dénonçant une adresse et les mises à jours faites par des personnes différentes permettent toutefois de le remarquer.</p>
<p>La publicité est aussi un facteur de doute pour les utilisateurs. Stephan Szeremeta, du Petit Futé, explique sa politique : <em>« Pour une enquête il se peut qu&#8217;un auteur est besoin d&#8217;être hébergé. On peut envisager un échange de prestations : une chambre contre un espace publicitaire et une citation dans le guide. Mais on échange uniquement avec des établissements que l&#8217;on veut voir apparaître dans le guide et la publicité est indépendante du rédactionnel. » </em>Il faut savoir que plupart des guides incluent un peu de publicité dans leurs pages tout en affirmant qu&#8217;ils ne sont soumis à aucune pression sur le contenu&#8230;</p>
<p>La difficulté la plus importante rencontrée par les éditeurs est la durée de vie de l&#8217;information. Fabriquer un livre prend en moyenne un an. Dans ce laps de temps, tout peut arriver : tel hôtel peut avoir augmenté ses tarifs, tel restaurant avoir brûlé ou tel monument être en rénovation. Pour Olivier Cirendini, les lecteurs, souvent virulents quand ils relèvent une erreur, manquent parfois de compréhension. <em>« Les gens doivent apprendre à lire un guide et comprendre qu&#8217;il faut du temps pour le fabriquer, que les choses peuvent avoir changé au moment où ils l&#8217;utilisent. Le piège est de penser que le guide est un tour-opérateur alors que c&#8217;est juste un outil&#8230; Il n&#8217;est pas là pour faire le voyage à leur place. » </em>Un avis partagé par Pierre Grundmann. <em>« Un guide de voyage est un outil interactif qui permet aux gens de vivre une histoire. On leur donne les clefs pour partir à l&#8217;aventure. »</em> Un peu d&#8217;indulgence donc pour ces livres bien utiles à consommer avec&#8230; discernement.</p>
<p align="right">Nolwenn Roussier</p>
<p>Rencontre de Thomas Kohnstamm, ancien auteur de guides Lonely Planet et auteur du livre « Do travel writers go to hell ? »</p>
<p><strong>Ulysse : Vous êtes devenu célèbre en avouant avoir rédigé le guide « Colombie » de Lonely Planet sans y avoir été&#8230; Est-ce la vérité ?</strong></p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Thomas Kohnstamm :</span> Cette polémique repose sur une fausse citation. J&#8217;avais parlé du nécessaire de travail de desk (de bureau) dans l&#8217;industrie du guide touristique. Pour une introduction, on n&#8217;a pas nécessairement besoin d&#8217;aller dans le pays. Voici la phrase telles que je l&#8217;ai écrite : « Ce que je ne peux pas plagier, je peux toujours l&#8217;inventer. » Je n&#8217;ai jamais dit que j&#8217;avais plagié ou inventé. Un journal à sensation a détourné mes propos pour lancer une polémique. Ensuite, des sites et des blogs ont propagé la rumeur.</p>
<p><strong>Vous avez voulu vous faire de la pub ?</strong></p>
<p>Croyez-vous qu&#8217;un auteur apprécie d&#8217;avoir des propos négatifs associés à son nom ? Je ne suis pas fou.</p>
<p><strong>Certains auteurs de Lonely vous accusent de ternir l&#8217;image de Lonely et de régler vos comptes.</strong></p>
<p>Beaucoup d&#8217;autres auteurs ont pris ma défense et confirment que les pratiques que je décris sont courantes dans le milieu. Je parle uniquement de mon expérience personnelle. Je n&#8217;ai pas de soucis particuliers avec Lonely Planet. Leurs guides touristiques ils sont parmi les meilleurs. Le vrai sujet de mon livre est le voyage.</p>
<p><strong>Pourquoi avez-vous écrit ce livre ?</strong></p>
<p>Je m&#8217;ennuyais à écrire des guides, je voulais tenter quelque chose de différent. Je voulais montrer la réalité du voyage, les bons côtés, les moins bons, les rencontres invraisemblables.</p>
<p><strong>Vous attendiez-vous à la polémique que votre livre a déclenchée ?</strong></p>
<p>Je ne veux pas discréditer les guides touristiques. Ce sont des outils utiles mais ils ne sont pas infaillible. Ils sont subjectifs. Ils reflètent le point de vus de leur auteur. Les voyageurs devraient s&#8217;en servir comme point de départ et non comme le seul chemin pour découvrir un lieu.</p>
<p><strong>Combien de temps avez-vous travaillé pour Lonely Planet ?</strong></p>
<p>J&#8217;ai commencé en 1998-1999 en écrivant des recueils d&#8217;expressions linguistques. J&#8217;ai recommencé à travailler pour les guides en 2004.</p>
<p><strong>Y a-t-il une méthode pour écrire un guide ? </strong></p>
<p>Non, il y a beaucoup de façons différentes de faire ce travail. Il n&#8217;y a pas d&#8217;approche standard mais c&#8217;est toujours difficile à cause des contraintes de temps et d&#8217;argent.</p>
<p><strong>Pourquoi n&#8217;avoir pas testé toutes les adresses que vous citez ?</strong></p>
<p>Il m&#8217;était impossible de faire mon travail sérieusement avec le temps et l&#8217;argent disponibles. Je ne me sentais pas à l&#8217;aise de ne pas pouvoir parler de tous les endroits en personne, mais j&#8217;ai toujours essayé d&#8217;obtenir la meilleure information grâce à mes contacts. La plupart des auteurs font pareil, ils n&#8217;ont pas le choix. Demandez-leur, ils ne l&#8217;admettront pas en public, mais c&#8217;est la vérité.</p>
<p><strong>Est-ce que les hôtels et restaurants où vous étiez invité avaient droit à une bonne critique même s&#8217;ils ne le méritaient pas ?</strong></p>
<p>Bien sûr que non ! Je le dis dans mon livre. Je n&#8217;ai jamais fait de critique positive en échange d&#8217;un service.</p>
<p><!--[endif]--></p>
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		<title>Le Spitzberg : royaume des mineurs et des scientifiques</title>
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		<pubDate>Wed, 01 Apr 2009 18:49:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nolwenn</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Reportages]]></category>

		<category><![CDATA[80e parallèle]]></category>

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		<category><![CDATA[cercle polaire]]></category>

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		<description><![CDATA[
De Barentsburg à Ny-Alesund, l&#8217;itinéraire des bateaux de croisière emmène les passagers vers les villages miniers de la côte Nord. Ambiance déglinguée assurée.
Article Spitzberg Ulysse
Sur le pont du MS Nordstjernen, les passagers sont emmitouflés dans leurs anoraks, les mains protégées par des gants, la tête au chaud sous les bonnets. Le bateau de croisière de [...]]]></description>
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<p class="MsoNormal" style="line-height: 150%;">De Barentsburg à Ny-Alesund, l&#8217;itinéraire des bateaux de croisière emmène les passagers vers les villages miniers de la côte Nord. Ambiance déglinguée assurée.<span id="more-138"></span></p>
<p class="MsoNormal" style="line-height: 150%;"><a href="http://blog.nroussier.org/wp-content/uploads/2009/04/spitzberg1.pdf" onclick="javascript:pageTracker._trackPageview('/downloadsblog./wp-content/uploads/2009/04/spitzberg1.pdf');">Article Spitzberg Ulysse</a></p>
<p class="MsoNormal" style="line-height: 150%;">Sur le pont du MS Nordstjernen, les passagers sont emmitouflés dans leurs anoraks, les mains protégées par des gants, la tête au chaud sous les bonnets. Le bateau de croisière de la compagnie norvégienne Hurtigrüten navigue près des côtes du Spitzberg, à quelques kilomètres sous le 80° parallèle. Construit en 1956, le bateau a servi d’express côtier pendant plusieurs années, ravitaillant en nourriture, matériel et nouvelles les villes le long de la côte norvégienne. Aujourd&#8217;hui le bateau ne transporte essentiellement des voyageurs. Le Nordstjernen est loin d’être un bateau de croisière de luxe. Ses cabines sont spartiates, ainsi que son petit bar et sa salle à manger mais l’ambiance y est chaleureuse, le saumon fumé excellent et la décoration vieillotte. L’équipe encadrant les passagers est jeune, dynamique et compétente.</p>
<p class="MsoNormal" style="line-height: 150%;">Première étape de cette croisière : Barentsburg. Tout en longueur, à flanc de montagne, cette ville minière russe est plutôt sinistre. Malgré quelques couleurs accrochés aux façades, la terre est sombre et la mine de charbon colore en noir les environs. La ville semble être une vitrine de la Russie communiste des années 70. La plupart des 500 habitants de Barentsburg sont Ukrainiens ou Russes. Ils signent des contrats de deux ans pour travailler dans la mine car, paraît-il, le salaire est meilleur que dans leur pays. La vie y semble dure et ennuyeuse : les hommes dans la mine, les femmes vaquant à divers taches d’organisation. Une dizaine d’enfants sont à la garderie ou à l’école.</p>
<p class="MsoNormal" style="line-height: 150%;">Ils ont toutefois quelques passe-temps : une grande salle de sport arborant des anneaux olympiques, une librairie, un « centre culturel » ou un groupe de danseurs, chanteurs et musiciens exécutent diverses figures du folklore russe, une boutique avec des produits artisanaux confectionnés par les locaux. Barentsburg est un monde à part, une bien étrange enclave perdue entre les montagnes.</p>
<p class="MsoNormal" style="line-height: 150%;">La croisière continue, de fjord en fjord, à travers les montagnes et les glaciers. Un ours polaire se promène sur la rive, le débarquement n’aura pas lieu. Les ours blancs sont dangereux et protégés, il faut repartir. Le capitaine du bateau doit sans cesse composer avec les éléments. Le parcours est modifié plusieurs fois pour la sécurité des passagers. Avec le vent et les courants, la glace descendant du pôle Nord pourrait emprisonner le bateau, le demi-tour n’est pas négociable. L’île de Moffen avec ses colonies de morse et d’oiseaux, et le glacier de Monaco dans le fjord Liefde seront pour un prochain voyage. La déception ne dure qu’un temps. Le Nordstjernen passera tout de même le 80° parallèle. Cette latitude n’est atteignable en bateau que dans l’Atlantique ,grâce au Gulf Stream qui adoucit le climat.</p>
<p class="MsoNormal" style="line-height: 150%;">Le débarquement le plus spectaculaire a lieu le lendemain. Un chape de nuage gris, bouchant la vue à 300 mètres, confère une atmosphère mystérieuse et ouatée à l’approche du glacier de Lilliehöök. Seuls les petits blocs de glace se cognant contre le bateau pneumatique viennent rompre le silence. Le glacier, long de 6 kilomètres, se dresse sur 40 mètres de hauteur. Ses somptueuses teintes bleues témoignent de la qualité de l’oxygène emprisonné dans la glace.</p>
<p class="MsoNormal" style="line-height: 150%;">La dernière étape de la croisière est Ny-Alesund. Ce village, le plus septentrional du monde, fut longtemps consacré à l’exploitation du charbon avant de devenir une base scientifique. Aujourd&#8217;hui un buste de Roald Amundsen rappelle que de nombreuses expéditions polaires sont parties d’ici.</p>
<p class="MsoNormal" style="line-height: 150%;">Publié en juin 2009 dans le magazine Ulysse.</p>
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		<item>
		<title>Un sourire au bout de l&#8217;exil</title>
		<link>http://blog.nroussier.org/?p=22</link>
		<comments>http://blog.nroussier.org/?p=22#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 20 Mar 2009 17:54:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nolwenn</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Portraits]]></category>

		<category><![CDATA[concours UNHCR Le Monde]]></category>

		<category><![CDATA[Direct matin]]></category>

		<category><![CDATA[exil]]></category>

		<category><![CDATA[génocide]]></category>

		<category><![CDATA[réfugié]]></category>

		<category><![CDATA[rwanda]]></category>

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		<description><![CDATA[Marie est rwandaise. Elle a vécu le génocide et l&#8217;exil. Elle témoigne.
Mon article est arrivé deuxième d&#8217;un concours organisé par l&#8217;UNHCR en partenariat avec Le Monde sur le thème &#8220;Droit d&#8217;asile et réfugiés&#8221;. Il a été publié dans Direct Matin le 20 juin 2008.

Article dans Direct Matin
UN SOURIRE AU BOUT DE L&#8217;EXIL
 
Marie est une [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Marie est rwandaise. Elle a vécu le génocide et l&#8217;exil. Elle témoigne.</p>
<p>Mon article est arrivé deuxième d&#8217;un concours organisé par l&#8217;UNHCR en partenariat avec Le Monde sur le thème &#8220;Droit d&#8217;asile et réfugiés&#8221;. Il a été publié dans Direct Matin le 20 juin 2008.</p>
<p class="Base-TXT-Courant" style="text-align: center; line-height: 200%;" align="center"><span id="more-22"></span></p>
<p><a href="http://www.nroussier.org/blog/wp-content/uploads/2008/12/le-monde.pdf" onclick="javascript:pageTracker._trackPageview('/downloads/blog/wp-content/uploads/2008/12/le-monde.pdf');">Article dans Direct Matin</a></p>
<p class="Base-TXT-Courant" style="text-align: center; line-height: 200%;" align="center"><span style="font-size: 14pt; font-family: Arial;">UN SOURIRE<span> </span>AU BOUT DE L&#8217;EXIL</span></p>
<p class="Base-TXT-Courant" style="text-align: left; line-height: 200%;" align="left"><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial;"><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></span></p>
<p class="Base-TXT-Courant" style="text-align: left; line-height: 200%;" align="left"><strong><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial;">Marie est une réfugiée du génocide rwandais. Seule avec ses enfants, elle a affronté les pires moments d&#8217;une vie d&#8217;exilée. Un parcours chaotique et douloureux qui aujourd&#8217;hui s&#8217;améliore pour qu&#8217;elle puisse enfin se remettre à sourire.</span></strong><strong></strong></p>
<p class="Base-TXT-Courant" style="text-align: left; line-height: 200%;" align="left"><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial;"><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></span></p>
<p class="Base-TXT-Courant" style="text-align: left; text-indent: 0cm; line-height: 200%;" align="left"><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial;">Elle habitait une belle maison au Rwanda. Aujourd’hui, elle vit dans un HLM aux murs saumon et aux rares meubles. Marie* a été chassée de son pays par la guerre. Est-elle Tutsie ? Marie marmonne, esquive puis dit très vite <em>«Je suis un peu des deux.»</em> La vérité restera dans l’ombre. En 1994, quand le conflit éclate, la jeune rwandaise est mariée, mère d’un petit garçon et institutrice à l’école du village. Les premières personnes à fuir les affrontements descendent du nord. Marie les recueille, les nourrit mais ne prend pas conscience de l’horreur du conflit. <em>«Une femme m’a dit un jour, &#8220;Il ne faut pas attendre que les guerriers arrivent jusqu’ici. Vous êtes des cibles.&#8221; Mais je ne l’ai pas écouté. Quitter le village et la maison où j’avais toujours vécu, pour aller où ?»</em> Le conflit s’est étendu et Marie a découvert que sa compatriote avait raison. Elle n&#8217;aurait pas dû attendre qu&#8217;ils arrivent.</span></p>
<p class="Base-TXT-Courant" style="text-align: left; line-height: 200%;" align="left"><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial;">Petite femme au visage rond, elle respire la gaîté et parle avec une apparente légèreté de son histoire. Mais le ton ne trompe pas ; ce qu’elle a vu et vécu est ancré dans sa mémoire. Des années d’horreur. Et pourtant, au fil de son récit, elle raconte quelques anecdotes heureuses. Son deuxième fils est né dans un camp de réfugiés. Le monde lui est apparu : <em>«Paradoxalement, j’étais contente de voir autre chose que mon village.» </em></span></p>
<p class="Base-TXT-Courant" style="text-align: left; line-height: 200%;" align="left"><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial;">Des camps, en fuites précipitées sous les bombes et sur les corps, jusqu’aux longues marches qui l’emmènent elle et sa famille jusqu’au Congo-Kinshasa, il s’est écoulé 2 ans. <em>«Je me demande pourquoi je ne suis pas morte.»</em></span></p>
<p class="Base-TXT-Courant" style="text-align: left; text-indent: 0cm; line-height: 200%;" align="left"><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial;">Deux longues années où elle a toujours pensé revenir chez elle. <em>«On se disait que quand ce serait plus calme on pourrait rentrer.»</em> Mais la situation empire, les familles congolaises qui cachent des rwandais sont exterminées et son mari est emmené. Elle n’aura plus de nouvelles de lui. Les personnes qui la recueillent lui fournissent de faux papiers et la mettent dans un avion. Marie arrive à Paris en août 2002. Perdue. Enceinte. <em>«Je pensais être fusillée parce que mon passeport était faux.»</em> Prise en charge à la douane, elle a vécu quelques jours dans un centre puis a été autorisée à circuler sur le territoire. <em>«Je ne savais pas où aller. Le métro et les gens pressés me faisaient peur. J’ai décidé d’aller en province.»</em> Mais en province le calvaire recommence, où aller ? Une dame la trouve égarée, sous la pluie et lui propose son aide. Grâce à elle Marie loge dans un hôtel et trouve, enfin, un vrai soutien au secours catholique. </span></p>
<p class="Base-TXT-Courant" style="text-align: left; text-indent: 0cm; line-height: 200%;" align="left"><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial;">Marie porte une djellaba rose pâle et les cheveux courts. Assise décontractée sur son canapé, elle cherche dans ses souvenirs l’enchaînement des évènements, des rencontres qui l’ont amené jusqu’ici. Elle se perd souvent dans les dates. Son admission au centre d’accueil des demandeurs d’asile du foyer</span><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial; color: red;"> </span><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial;">Sonacotra</span><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial; color: red;"> </span><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial;">en janvier 2003. Sa première convocation à l’Ofpra (office français de protection des réfugiés et apatride) en septembre 2003. La réponse à la demande d’asile négative, en novembre 2003. Et enfin, le recours et sa réponse positive en novembre 2005. Encore deux longues années d’espoirs et de désillusions. <em>«Je n’ai pas fêté ma carte de séjour, j’étais dégoûtée. Je trouvais ça injuste d’avoir été refusée la première fois.»</em> Sa carte obtenue, elle doit encore se battre pour trouver un logement, un travail et s’intégrer.</span></p>
<p class="Base-TXT-Courant" style="text-align: left; text-indent: 0cm; line-height: 200%;" align="left"><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial;">Elle a dû faire le deuil de son métier d&#8217;institutrice. Sans grande conviction, elle a tenté le concours d&#8217;aide-soignante. Elle a réussi et depuis un an, elle découvre un métier qui lui plaît. Ce n’est pas tous les jours facile entre les cours et les stages. Elle doit souvent laisser ses enfants se débrouiller seuls. Des enfants qui posent des questions sur leur père. Pendant six ans, Marie n’avait pas de réponse. Pendant six ans, elle a cherché à savoir ce qu’il était devenu. Pendant six ans elle a gardé le secret espoir qu’il soit toujours vivant, quelque part. Jusqu’à un jour de janvier dernier où des amis de Centrafrique l’ont appelé. <em>«J’étais abasourdie, ils avaient retrouvé mon mari. J’ai pu parler avec lui, c’était bizarre. Il me cherchait aussi.»</em> Marie revit. Elle s’était concentrée sur ses enfants pour ne pas sombrer, pour recommencer une nouvelle vie, aussi difficile soit-elle. Aujourd’hui son sourire est franc, son mari est vivant et veut la rejoindre en France. Un nouveau parcours du combattant s’annonce &#8230; avec un espoir de retrouvailles.</span></p>
<p class="Base-TXT-Courant" style="text-align: left; text-indent: 0cm; line-height: 200%;" align="left"><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial;"><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></span></p>
<p class="Base-TXT-Courant" style="text-align: right; text-indent: 0cm; line-height: 200%;" align="right"><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial;">Nolwenn Roussier</span></p>
<p class="Base-TXT-Courant" style="text-align: left; text-indent: 0cm; line-height: 200%;" align="left"><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial;"><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></span></p>
<p class="Base-TXT-Courant" style="text-align: left; line-height: 200%;" align="left"><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial;">*Le prénom a été changé, elle préfère garder l’anonymat.</span></p>
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		<title>A la rencontre d&#8217;un peuple en lutte</title>
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		<pubDate>Tue, 10 Feb 2009 18:06:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nolwenn</dc:creator>
		
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		<description><![CDATA[Aujourd&#8217;hui les Touaregs ont des conditions de vie difficiles. Dans le désert mais également dans les pays qui les abritent. Pourtant c&#8217;est une culture à connaitre et à sauvegarder. Reportage au Niger.

Article Ulysse

A la rencontre d’un peuple en lutte
 
Peu de voyageurs s’aventurent dans les falaises de Tiguidit, au centre du pays. Peu sûre, la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Aujourd&#8217;hui les Touaregs ont des conditions de vie difficiles. Dans le désert mais également dans les pays qui les abritent. Pourtant c&#8217;est une culture à connaitre et à sauvegarder. Reportage au Niger.</p>
<p><span id="more-73"></span></p>
<p><a href="http://www.nroussier.org/blog/wp-content/uploads/2008/12/touareg-internet-72dpi.pdf" onclick="javascript:pageTracker._trackPageview('/downloads/blog/wp-content/uploads/2008/12/touareg-internet-72dpi.pdf');">Article Ulysse</a></p>
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<h1 style="text-align: center;">A la rencontre d’un peuple en lutte</h1>
<p class="MsoNormal" style="line-height: 150%;"><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></p>
<h4 class="MsoBodyText">Peu de voyageurs s’aventurent dans les falaises de Tiguidit, au centre du pays. Peu sûre, la région, proche du massif de l’Aïr, recèle pourtant des paysages inoubliables et une culture en danger : celle des Touaregs, aujourd’hui en rébellion…</h4>
<p class="MsoNormal" style="line-height: 150%;"><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></p>
<p class="MsoNormal" style="line-height: 150%;">Une piste d’atterrissage presque envahie par le sable. Des enfants qui jouent à quelques pas de l’avion. Deux pièces d’une vingtaine de mètres carrés et des bagages jetés pêle-mêle dans un coin. Bienvenue à l’aéroport international d’Agadez, au Niger. Premier dépaysement. Agadez a la couleur du sable dont elle émerge, la chaleur surprend et l’accueil aussi. A la sortie, beaucoup de visages se dissimulent des cheichs. Les Touaregs attendent leur clientèle occidentale pour les emmener au cœur du désert. Dans la foule, un homme plus grand se distingue dans une djellaba vert foncé et un cheich aux reflets violine. C’est Ibrahima Aghali Moussa. Avec un grand sourire, il accueille son groupe de neuf personnes. Tandis que la plupart des touristes rencontrés dans l’avion partent vers le nord, vers l’Aïr et le Ténéré, Ibrahima conduit sa troupe vers le sud, aux falaises de Tiguidit. Soixante-dix km de 4&#215;4 ballotté sur des pistes qui n’existent pas, dans un paysage de brousse en fin de vie, pour arriver au premier campement, Inakazam. Une petite crique de sable et d’arbres entourée de grands rochers, au pied des falaises. Le voyage commence, au cœur du désert du Sahara, là où vivent les Touaregs, un peuple qui survit. Le soir, autour du feu, en buvant le thé, Ibrahima raconte l’histoire de son peuple. Venu du Maghreb, les Touaregs sont devenus les maîtres du Sahara après y avoir été poussés par les invasions arabo-musulmanes. Ils se sont battus contre la colonisation française, ne l’ont accepté qu’en l’ignorant et n’ont pas profité de la décolonisation. Leur société s’est alors marginalisée. Dans les cinq états créés en 1960 et partageant le Sahara, (Mali, Burkina Faso, Libye, Algérie, Niger) les Touaregs souffrent.</p>
<p class="MsoNormal" style="line-height: 150%;">Ibrahima n’en dira pas plus ce soir. Il faut du temps pour s’apprivoiser, ces hommes pudiques ne se dévoilent que petit à petit. Sous les étoiles, chacun s’endort, dans la plus grande chambre qui soit, le désert. Le soleil se charge du réveil. Les chameliers chargent le matériel sur les bêtes de bât et sur les chameaux de selle montent ceux qui le souhaitent. La première journée de randonnée dans le désert s’annonce chaude. A neuf heures le soleil tape déjà fort mais un léger vent de sable rafraîchit. Ici, le vent c’est un, trois ou sept jours. Ce sera trois. Contrairement à certaines idées reçues, le désert est loin d’être monotone. Des plateaux rocheux, des plaines de sable et d’herbe dures, quelques arbres, des dunes, des falaises et des oueds. Celui de Saguelmas sera la deuxième chambre. A l’entrée de l’oued un enfant puise de l’eau pour les chèvres, son père vient dire bonjour à Ibrahima. Le rituel du salut est inattendu. Ce n’est pas une poignée de main, c’est une sorte de caresse. Trois minimum, puis autant que l’on veut tant que celui de la caste la plus élevée n’arrête pas le geste. C’est Ibrahima qui stoppe. Né dans la noblesse touarègue, il est respecté autour d’Agadez. Il est allé à l’école jusqu’en classe de troisième puis a travaillé pendant 18 ans dans les mines d’uranium. Avec sa prime d’incitation au départ volontaire il a achèté des bêtes et est retourné vivre dans le désert. Fort de cette expérience, il a créé une association, l’ADDRA (association pour le développement durable des régions arides). Dans ce cadre, il organise des circuits touristiques dans les falaises de Tiguidit, là où il a vécu. Les chameliers et le cuisinier sont des Touaregs de la région et pendant les discussions que permettent un séjour d’une semaine dans le désert, Ibrahima sensibilise les occidentaux aux problèmes de son peuple.</p>
<p class="MsoNormal" style="line-height: 150%;">En 1990, lassés d’être persécutés et de ne pas avoir de place au sein des Etats, les Touaregs entament une rébellion armée. Entraînés en Libye par Kadhafi, ils reviennent au Niger pour se faire entendre. <em>« Ce n’était pas un choix, personne ne peut choisir la guerre comme option. Ils ont été contraints de réagir par les armes. Dans des Etats-Nations où il est impossible de parler politiquement, seule la force permet de s’exprimer »,</em> explique Ibrahima. Mais des accords ont été signés trop tôt, les promesses n’ont pas été tenues. Les cendres de la rébellion sont restées chaudes pendant dix ans pour se réveiller il y a presque deux ans. Ibrahima était cadre dans l’ancienne rébellion. Il en parle avec amertume. Lui aussi a été déçu même s’il reconnaît que les Touaregs sont <em>« passés de citoyens de seconde zone, à citoyen tout court.</em> » Reste que la culture touarègue est en danger. Les sécheresses déciment les troupeaux, certains se reconvertissent dans l’agriculture, d’autres n’ont que le choix de s’entasser dans les bidonvilles. Là, ils perdent leurs valeurs et l’usage de leur langue, le Tamashek.</p>
<p class="MsoNormal" style="line-height: 150%;">Les jours se succèdent. Pour les Occidentaux en vacances dans le désert, les falaises de Tiguidit sont un lieu enchanteur. Loin de l’agitation des villes, le temps prend une autre dimension. Chacun redécouvre calme et douceur de vivre. C’est un bonheur de se lever avant le soleil, alors que le camp dort encore, de s’éloigner un peu, de s’asseoir sur un rocher pour regarder le soleil monter dans le ciel. Dans un silence absolu, la magie opère. Les rayons éclairent les vagues de sable, modelées par le vent, les arbres rachitiques qui tentent de survivre et les rochers sur lesquels subsistent des gravures rupestres. Le regard peut embrasser des kilomètres de dune sans rencontrer un obstacle. Une nouvelle journée peut commencer. Au puits de Dangago, il y a foule. Les communautés vivant aux alentours, viennent abreuver leur troupeaux. Pendant la saison sèche, la journée d’un homme se résume à emmener les bêtes au puits et à les ramener au campement. Les femmes s’occupent des enfants. Lors de la saison des pluies, il n’est pas besoin de marcher des heures à la recherche d’un puits. C’est la saison des fêtes et des rencontres.</p>
<p class="MsoNormal" style="line-height: 150%;">Malheureusement, cette culture nomade se perd. Pour Ibrahima, la seule façon de la sauver est de faire prendre conscience aux Touaregs de l’importance de l’éducation. <em>« C’est grâce à l’école qu’ils sauront quels sont leurs droits et leurs devoirs, qu’ils pourront les défendre et ne plus être marginalisés. »</em> Avec l’ADDRA, il tente de sensibiliser son peuple à l’éducation. Aujourd’hui une association française, Paroles de sable, le soutient et projette de rouvrir une école pour une communauté dans les falaises de Tiguidit.</p>
<p class="MsoNormal" style="line-height: 150%;">Un matin, un petit groupe de Touareg s’approche. Un homme apporte du lait de chamelle, plus piquant que le lait de vache. Une femme voudrait des gouttes pour ses yeux. Trois adolescents, armés de leurs épées traditionnelles cherchent à se faire prendre en photo. Quelques heures plus tard, un campement croise le chemin emprunté. Une femme écrase du mil, ses enfants en haillons regardent les arrivants. La pauvreté est évidente et pourtant, cette femme est fière. C’est une Touareg.</p>
<p class="MsoNormal" style="line-height: 150%;">La dernière soirée dans le désert est festive et particulière. Les chameliers dînent avec les touristes. Une chance car dans le code de conduite qui régit la vie de ce peuple, un Touareg ne doit pas manger en public. Le cuisinier fait cuire du mouton dans le sable, des hommes chantent et une danse des chameaux s’improvise. Tabey et Mohamed tapent sur des bidons, pendant qu’Aghali, Amoumoun et Ibrahima, montés sur leurs bêtes font une démonstration de leur savoir-faire.</p>
<p class="MsoBodyText2" style="line-height: 150%;">Dans l’avion du retour, les visages sont détendus. Une semaine dans le désert pour recharger les batteries, découvrir un peuple et se soucier de son avenir. Ibrahima va continuer à se battre, à sensibiliser parce que <em>« c’est comme la vie des marins. Tu vis dans un milieu hostile mais que tu aimes si tu le connais. »</em></p>
<p class="MsoBodyText2" style="line-height: 150%;"><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></p>
<p class="MsoBodyText2" style="text-align: right; line-height: 150%;" align="right">Nolwenn Roussier</p>
<p class="MsoBodyText2" style="text-align: right; line-height: 150%;" align="right"><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></p>
<p class="MsoNormal" style="line-height: 150%;"><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></p>
<p class="MsoBodyText3">
<p>Nota Bene</p>
<p><!--[if gte mso 9]><xml> Normal   0   21 </xml><![endif]--><!--  --></p>
<p>Depuis février 2007, la rébellion touarègue a repris dans le Nord Niger. Les revendications sont plus politiques aujourd&#8217;hui qu&#8217;en 1990. Les Touaregs veulent l&#8217;application des accords de paix signés en 1995, notamment la décentralisation poussée qui permettrait d&#8217;avoir des conseils régionaux plutôt qu&#8217;un pouvoir concentré à Niamey, entre les mains du gouvernement. Les Touaregs revendiquent aussi une meilleure répartition des richesses produites par l&#8217;exploitation de l&#8217;uranium. L&#8217;un des premiers producteurs d&#8217;uranium, le Niger compte parmi les pays le plus pauvre du monde selon le classement des Nations Unies. Les rebelles craignent pour l&#8217;avenir de leur territoire, menacé par la vente massive de permis de recherches et d&#8217;exploitation à des compagnies étrangères.</p>
<p>Le gouvernement de son côté a annoncé qu&#8217;il ne dialoguerait jamais avec les rebelles. Les médias nationaux sont muselés, les médias internationaux et les ONG sont interdits de séjour dans le pays et plus particulièrement à Agadez.</p>
<p>La population du Nord Niger souffre depuis un an et demi de la guerre. Déplacée et persécutée, elle doit en plus faire face à la crise alimentaire qui sévit dans tous les pays en développement. Le tourisme, une des premières ressources de la région, est suspendu jusqu&#8217;à nouvel ordre. L&#8217;issue du conflit est très incertaine.</p>
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		<title>J&#8217;aurais voulu être un artiste</title>
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		<pubDate>Mon, 05 Jan 2009 12:59:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nolwenn</dc:creator>
		
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		<category><![CDATA[Rock chrétien]]></category>

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		<description><![CDATA[Le rock chrétien s&#8217;est développé en France à partir de 2002 avec le groupe Glorious. Mais le marché est difficile et le succès pas toujours au rendez-vous. Le rock chrétien est en crise. Enquête.


Article rock chrétien dans La Vie
Le rock chrétien traverse une crise avec l&#8217;arrêt de trois groupes phares&#8230; Etats des lieux du phénomène [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le rock chrétien s&#8217;est développé en France à partir de 2002 avec le groupe Glorious. Mais le marché est difficile et le succès pas toujours au rendez-vous. Le rock chrétien est en crise. Enquête.</p>
<p><span id="more-95"></span></p>
<p><!--[if gte mso 9]><xml> Normal   0   21 </xml><![endif]--><!--  --></p>
<p><a href="http://blog.nroussier.org/wp-content/uploads/2009/01/rock-chretien.pdf" onclick="javascript:pageTracker._trackPageview('/downloadsblog./wp-content/uploads/2009/01/rock-chretien.pdf');">Article rock chrétien dans La Vie</a></p>
<p><strong>Le rock chrétien traverse une crise avec l&#8217;arrêt de trois groupes phares&#8230; Etats des lieux du phénomène en France aujourd&#8217;hui.</strong><strong></strong></p>
<p>Ils étaient des piliers de la musique chrétienne moderne. Ils ont décidé d&#8217;arrêter la scène l&#8217;été dernier. Un coup dur pour leurs fans. Totus, Spear Hit, Glorious, trois groupes, trois styles, trois parcours. De la pop/rock au reggae, ils ont lancé, en France, une tendance qui marchait déjà fort ailleurs (aux Etats-Unis, le marché de la « pop-louage » draine 700 millions de dollars). Les frères Pouzin, fondateurs de Glorious ont démarré en fanfare en 2002. Ils ont bousculé les habitudes, faisant entrer guitares, batterie, amplis dans les églises et danser les adolescents sur des refrains dédiés au Christ. Pendant cinq ans, ils ont essayé d&#8217;évoluer dans le circuit professionnel et de vivre de leur musique, avec difficulté. Le chemin de Totus est similaire :  ils s&#8217;étaient donné trois ans pour « passer pro », le but n&#8217;a pas été atteint. Quant aux membres de Spear Hit, ils étaient amateurs : à côté de leurs études ou de leurs métiers, ils enregistraient les albums et donnaient des concerts pendant les week-end et les vacances. Aujourd&#8217;hui leurs routes diffèrent. Les raisons de ce triste dénouement sont multiples. Tous ont réussi à s&#8217;attacher un public fidèle mais le rock chrétien est une niche, il touche une faible partie de la population catholique. Et celle-ci n&#8217;est pas habituée à une telle façon de proclamer sa foi. Le marché est plus florissant chez les protestants car la « pop-louange » fait partie de leur culte. Les charismatiques sont à priori les plus sensibles à ce phénomène dans l&#8217;Eglise catholique. Qui plus est, le public n&#8217;est pas prêt à mettre le prix. Les ventes de CD et de places de concert sont insuffisantes pour qu&#8217;un groupe vive de cette musique. <em>« Les fidèles se sont habitués à ce que toutes les propositions en lien avec l&#8217;Eglise soient gratuites »</em>, déplore Inès Azaïs, responsable de la pastorale des jeunes à Paris.</p>
<p>Comment les groupes expliquent leur déclin ? Le manque de structures sur le marché. Contrairement aux protestants, les catholiques n&#8217;ont pas de sociétés pour les aider à manager, à tourner &#8230; et il y a peu de boîtes de production qui osent soutenir des artistes étiquetés chrétiens.</p>
<p>Le manque de communication. Les producteurs, comme les artistes, considèrent que les médias chrétiens ne donnent pas assez d&#8217;importance à cette nouvelle tendance. Elle est quasiment inexistante sur les chaînes de télé et dans les grands journaux. Quelques-uns ont accueilli Glorious mais la frilosité est de mise dans une société qui sépare si bien le spirituel du reste.</p>
<p>Le manque de soutien de l&#8217;Eglise.<em> « On demandait juste un peu de publicité, explique Aurélien, bassiste de Glorious. Une affiche dans l&#8217;église pour annoncer le concert, ce n&#8217;est pas grand-chose. »</em></p>
<p><em>« L&#8217;Eglise doit s&#8217;investir davantage. »</em> Pour nombres d&#8217;artistes, c&#8217;est la première solution au problème. Pas financièrement, l&#8217;argent qu&#8217;elle n&#8217;a pas, elle ne peut le donner aux groupes qui se produisent dans les paroisses. Les budgets sont limités, le cachet des artistes n&#8217;est donc pas forcément à la hauteur de leurs espérances. Mais dans les institutions. <em>« Les évêques pourraient intégrer les groupes chrétiens dans un projet pastoral, propose un ancien producteur de Totus. Par exemple, les paroisses peuvent réfléchir sur leur capacité à accueillir au moins trois artistes par an. »</em> Pour Albert Gambart, prêtre et délégué général des évêques de France pour le FRAT 2007, le phénomène doit être utilisé. <em>« Le rock chrétien est porteur d&#8217;une parole pour les jeunes. C&#8217;est souvent à l&#8217;âge de 13-14 ans que les ados arrêtent la pratique de la foi. Il faut aller vers eux. »</em> Et cela passe par des rassemblements comme le FRAT, des festivals et des rencontres en aumôneries.</p>
<p>Tout le monde ne l&#8217;entend pourtant pas de cette oreille. <em>« L&#8217;Eglise n&#8217;est pas une société commerciale, elle ne soutient pas un écrivain qui publie sur Saint Paul, pourquoi le ferait-elle pour un musicien ? »</em> analyse Inès Azaïs. Le soutien de l&#8217;institution poserait un autre problème : la liberté de l&#8217;artiste. Des prêtres voient dans le rock chrétien un bon moyen d&#8217;évangélisation. <em>« Il n&#8217;y a pas de relation directe entre la musique et l&#8217;évangélisation, proteste l&#8217;ancien producteur. L&#8217;impact est réel mais ce n&#8217;est pas le projet du groupe. Totus ne comptait pas les jeunes qu&#8217;il avait réussi à toucher à la fin d&#8217;un concert ! »</em></p>
<p>Le projet du groupe est un facteur important. Se définir musiciens ou chrétiens avant tout ne signifie pas le même engagement. Ararat, jeune groupe d&#8217;Angoulême ne veut pas être professionnel :  <em>« Nous avons du succès car nous restons dans la perspective d&#8217;être un service d&#8217;Eglise, explique Frédéric Cussac, batteur et manager. L&#8217;argent n&#8217;est pas notre but premier. »</em> Et ils s&#8217;en sortent. Ils sont même obligés de refuser des concerts. Pour ceux que la cour des grands intéressent, les bonnes intentions ne suffisent pas. Un artiste doit conquérir son public avec des paroles et des musiques de qualité. Glorious a progressé en maturité durant cinq années mais au prix de beaucoup de travail et d&#8217;investissement personnel. Et pourtant, ils ont quitté la scène. En France, les groupes semblent n&#8217;avoir, pour l&#8217;instant, d&#8217;autres choix que de se résigner à rester amateurs.</p>
<p>Pilgrim&#8217;s, lui, a choisi une autre voie. <em>« Nous avons voulu fonder un groupe ouvert sur le monde tout en faisant passer nos valeurs chrétiennes, explique Olivier Savignac, chanteur et manager. Dieu, Jésus, la foi ne sont pas dans nos paroles, chacun interprète nos textes comme il veut.»</em> Ils ont également décidé de tourner plutôt hors de l&#8217;Eglise et la réussite commence à pointer son nez.</p>
<p>La professionnalisation est-elle possible ? Les acteurs de la musique chrétienne y croient. Le potentiel de jeunes groupes est là et les festivals ont de plus en plus de succès. La crise actuelle ne pourra, selon eux, que faire évoluer les mentalités et faire prendre conscience du potentiel du rock chrétien. L&#8217;avenir nous le dira.</p>
<p align="right">Nolwenn Roussier</p>
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		<title>Marlène Jobert, de l&#8217;actrice mutine à la conteuse</title>
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		<pubDate>Mon, 15 Dec 2008 13:25:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nolwenn</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Portraits]]></category>

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		<category><![CDATA[conteuse]]></category>

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		<description><![CDATA[Elle a fait fondre le coeur de milliers d&#8217;hommes sur les écrans. Aujourd&#8217;hui elle charme les enfants par ses histoires. Marlène Jobert a changé de carrière mais l&#8217;exerce toujours avec passion.

Portrait Marlène Jobert dans La Croix

Marlène Jobert aime la nature, la gourmandise et ses deux jumelles Eva et Joy. Marlène Jobert n&#8217;aime pas l&#8217;avion, être [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Elle a fait fondre le coeur de milliers d&#8217;hommes sur les écrans. Aujourd&#8217;hui elle charme les enfants par ses histoires. Marlène Jobert a changé de carrière mais l&#8217;exerce toujours avec passion.</p>
<p><span id="more-103"></span></p>
<p><a href="http://blog.nroussier.org/wp-content/uploads/2009/01/marlene-jobert.pdf" onclick="javascript:pageTracker._trackPageview('/downloadsblog./wp-content/uploads/2009/01/marlene-jobert.pdf');">Portrait Marlène Jobert dans La Croix</a></p>
<p><!--[if gte mso 9]><xml> Normal   0   21 </xml><![endif]--><!--  --></p>
<p>Marlène Jobert aime la nature, la gourmandise et ses deux jumelles Eva et Joy. Marlène Jobert n&#8217;aime pas l&#8217;avion, être en désaccord avec un metteur en scène et vivre loin de sa maison en Normandie. Les adultes se souviennent de sa jolie frimousse. Les enfants retiennent le son de sa voix ronde et chaleureuse. A 66 ans, l&#8217;ex-actrice a toujours les taches de son les yeux vert et le sourire qui ont troublé les spectateurs dans les années 1960-70. Elle n&#8217;apparaît plus sur les écrans mais s&#8217;écoute sur des CD.</p>
<p>Tout commence à la naissance de ses filles en 1980. Marlène Jobert décide de mettre entre parenthèse sa vie d&#8217;actrice pour devenir mère. Un second rôle se dessine alors, celui de conteuse. Le soir, elle use de ses talents pour emmener voyager Eva et Joy dans un monde imaginaire. Elle se découvre une vraie passion et, grâce à la ruse d&#8217;une amie qui contacte un éditeur, Marlène Jobert débute une nouvelle carrière en 1988.</p>
<p>Aujourd&#8217;hui son œuvre est composée de plusieurs dizaines d&#8217;histoires mises en scène et interprétées avec talent. D&#8217;abord les grands classiques du conte tels que Cendrillon. Puis elle invente. <em>« J&#8217;ai voulu transmettre le plaisir de la musique classique à mes filles. Mais les oeuvres des compositeurs sont restées dans les placards, pas assez ludique. J&#8217;ai alors imaginé des contes pour faire aimer la musique, qu&#8217;elle soit intégrée dans l&#8217;histoire pas seulement comme illustration sonore. »</em> Elle donnera vie à onze grands compositeurs. Enfin, Marlène Jobert emmène nos chères têtes blondes à la découverte du monde. Un pays par conte effleurant au passage la culture et la musique de là-bas. <em>« Un jour, un petit garçon m&#8217;a écrit une lettre en demandant « Pourquoi vous ne faites pas l&#8217;Égypte ? Je le termine en ce moment.»</em> La conteuse reçoit beaucoup de courrier mais aussi des histoires. Elle essaie de les lire toutes et de répondre mais le temps lui manque. Ce temps elle aime de plus en plus le passer dans sa maison en Normandie, au cœur de la nature qu&#8217;elle apprécie tant. Un havre dont elle a dessiné les plans, supervisé les travaux et réalisé la décoration. Née en Algérie, ses parents déménagent dans les environs de Dijon. <em>« Là j&#8217;ai découvert la campagne. Je ne savais pas ce qu&#8217;était des fruits sur les arbres, la neige. Une révélation. » </em>Un goût qu&#8217;elle a transmis à sa fille Joy, qui élève des chevaux dans la propriété familiale. Marlène Jobert entretient une relation particulière avec ses jumelles. Elle-même n&#8217;a pas connu une mère qui lui racontait des histoires avant de dormir. <em>« Chez moi il n&#8217;y avait ni dialogue ni négociations possibles. J&#8217;ai peut-être voulu exagérer dans l&#8217;autre sens. Mais aujourd&#8217;hui, j&#8217;aimerais que mes filles m&#8217;écoutent plus. Elles ne le savent pas mais j&#8217;ai souvent raison. »</em></p>
<p>Vingt ans après le premier conte, la passion est intacte et continue d&#8217;alimenter en idées son esprit. Ses filles ont grandi. Mais <em>« je pense que ce soir je pourrais encore venir au bord du lit d&#8217;Eva et lui raconter une histoire, elle adore ça. »</em> La belle Eva, aujourd&#8217;hui James Bond girl dans Casino Royak vient demander des conseil sur le métier d&#8217;actrice à sa mère. Marlène Jobert ne regrette pas d&#8217;avoir arrêter le cinéma. Refaire un film ? <em>« Il faudrait qu&#8217;il soit vraiment beau avec un scénario tellement exceptionnel que je ne pourrais pas faire autrement qu&#8217;accepter. »</em> Celle qui a tourné sous la houlette de Claude Chabrol et de Maurice Pialat, donné la réplique à Charles Bronson et Lino Ventura, a beaucoup de souvenirs de ses nombreux tournages. Comme cette promenade dans Rome, au printemps, en compagnie de Sergio Leone. <em>« Il m&#8217;a emmené Piazza Navona manger une glace. Et il a commencé à me raconter  Il était une fois l&#8217;Amérique », plan par plan. A 19h, j&#8217;étais gelée, je n&#8217;osais pas l&#8217;interrompre mais je ne l&#8217;écoutais plus. »</em> Sa voix se voile légèrement quand elle décrit son ami décédé.</p>
<p>L&#8217;an dernier, Marlène Jobert a reçu un César d&#8217;honneur pour l&#8217;ensemble de sa carrière. Elle s&#8217;étonne <em>« Je n&#8217;arrive pas à croire que j&#8217;ai mon âge ! »</em>.</p>
<p align="right">Nolwenn Roussier</p>
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		<title>Journalistes et CDD, une relation précaire</title>
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		<pubDate>Wed, 10 Dec 2008 18:06:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nolwenn</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Enquêtes]]></category>

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		<category><![CDATA[CDD]]></category>

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		<category><![CDATA[précarité]]></category>

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		<description><![CDATA[L&#8217;abus de CDD est aujourd&#8217;hui monnaie courante dans beaucoup de professions. J&#8217;ai réalisé cette enquête en deuxième année d&#8217;école de journalisme pour me rendre compte de la réalité de mon futur métier. C&#8217;est édifiant.


Journalistes et CDD, une relation précaire
 
 
Julie1, 28 ans, journaliste à Paris, salaire mensuel d’environ 2800 € brut, allocations chômage entre [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>L&#8217;abus de CDD est aujourd&#8217;hui monnaie courante dans beaucoup de professions. J&#8217;ai réalisé cette enquête en deuxième année d&#8217;école de journalisme pour me rendre compte de la réalité de mon futur métier. C&#8217;est édifiant.</p>
<p><span id="more-54"></span></p>
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<h3 class="MsoTitle" style="text-align: center;"><strong>Journalistes et CDD, une relation précaire</strong></h3>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"><strong><span style="font-size: 14pt;"><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></span></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"><strong><span style="font-size: 14pt;"><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></span></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Julie<sup>1</sup>, 28 ans, journaliste à Paris, salaire mensuel d’environ 2800 € brut, allocations chômage entre 1200 et 1400 €. Depuis trois ans, Julie réalise des dossiers pour une émission d’actualité. C’est une société de production privée qui l’emploie en contrat à durée déterminée. Trois saisons, trois CDD. Pour être réembauchée par le même patron, une condition est nécessaire. Employée de septembre à mi-juin, elle doit effectuer trois mois de chômage pour être reprise. Cette période s’appelle le temps de carence. Il doit être égal au tiers de la durée de son contrat. Or au lieu des trois mois, Julie en a deux et demi. Une irrégularité de l’entreprise qui est monnaie courante dans la profession. <em>« Je suis victime d’un système qui abuse l&#8217;Assedic. » </em>Diplômée de l’institut d’études politiques de Bordeaux et de l’école supérieure de journalisme de Lille, elle n’est jamais sûre d’être reprise pour la prochaine saison de l’émission. C’est le présentateur qui décide. «<em> Je suis réellement au chômage, je ne triche pas. Mes « vacances » sont donc un peu stressantes malgré tout. »</em></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Erwan, 28 ans, journaliste en Province, salaire mensuel d’environ 2200 € net, allocations chômage de 1200 €. Lui, travaille depuis cinq ans dans les stations locales de France 3. Depuis cinq ans il est inscrit sur le planning national des CDD. Sur ce planning, les journalistes sont à la disposition des rédacteurs en chef. Ils peuvent être appelés pour effectuer un remplacement dans n’importe quelle station de la chaîne. Depuis deux ans et demi, Erwan est dans la même locale. Il signe des CDD d’une journée, une semaine, un mois, cela dépend. En cinq ans, il a cumulé 1000 jours répartis dans 300 contrats. <em>« Il y a énormément de contraintes mais je joue le jeu du CDD à fond depuis toujours. » </em>Cet ancien de l’IUT de journalisme de Bordeaux espère être embauché en CDI au cours de l’année 2007. Comme pour Julie, Erwan touche le chômage durant les temps de carence qui lui sont imposés. Il est d’accord pour dire que les employeurs abusent du système «<em> mais parfois les salariés profitent aussi de l&#8217;Assedic. En général les jours de vacances sont en fin de contrat mais on ne les prend pas, on arrête de travailler et c’est l’assurance chômage qui paie. »</em></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Tous les deux sont fatigués de ces contrats précaires. Après trois ans de piges, Julie était heureuse d’avoir un CDD. <em>« Maintenant j’en ai marre. A presque 30 ans j’ai envie de me stabiliser dans un CDI, d’avoir des enfants. Je m’éclate dans l’émission mais je trouve dommage que le métier m’oblige à la précarité. Le problème c’est qu’en télévision cette méthode est couramment utilisée. » </em>Erwan est du même avis, se poser, il en a envie. <em>« Je gagne bien ma vie, mieux que si j’étais en CDI mais être toujours disponible, travailler quatre week-ends de suite, avoir de très courtes voire pas du tout de vacances, ça devient lassant. »</em><span style="color: #339966;"> </span>Il a déjà songé à arrêter le journalisme à cause des difficultés. <em>« J’ai choisi ce métier. Il y a toujours des moments de découragement mais c’est passionnant. »</em></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"><strong>300 contrats, 46 % d’illégaux</strong></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Réduire cette précarité, traquer les contrats douteux et obliger les employeurs à requalifier un certain nombre de CDD en CDI, c’est le travail des syndicats. Erwan a envoyé ses 300 contrats au SNJ-CGT de France Télévision pour qu’ils soient étudiés.<span style="color: red;"> </span>138 irrégularités ont été relevées. Autant de contrats illégaux. Jean-François Téaldi, secrétaire général du SNJ-CGT, traite jusqu’à trois dossiers comme celui d’Erwan par semaine. S’il y constate des erreurs, il dépose le dossier, avec l’accord du journaliste, à la direction des ressources humaines pour une requalification.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Le code du travail prévoit deux types de CDD. L’un dit de droit commun qui ne peut être renouvelé sauf si un temps de carence est respecté. L’autre dit d’usage que l’on peut renouveler plusieurs fois sans contraintes. Dans tous les cas, le CDD ne peut pas être pourvu pour un emploi qui correspond à une activité permanente et normale de l’entreprise.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>D’absence de motifs aux faux motifs</strong></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Deux motifs peuvent être invoqués par un employeur pour proposer un contrat à durée déterminée. Le remplacement, en cas de maladie, de maternité, et l’accroissement temporaire d’activité (ATA). Les deux doivent être justifiés. <em>« Pour les congés des titulaires, les employeurs font appel à des CDD. C’est illégal. Normalement, des personnes en contrat à durée indéterminée sont prévues pour ces remplacements. C’est pareil pour l’ATA. Sur certains contrats est seulement inscrit « accroissement temporaire d’activité » et sur d’autres « ATA, journal télévisé ». Dans les deux cas, c’est illégal. Le JT est une émission permanente. Pour les soirées électorales, par exemple, c’est un accroissement normal, il faut des journalistes en plus pour couvrir les résultats, explique Jean-François Téaldi. »</em></p>
<div class="MsoNormal" style="text-align: justify;">A France 3, le SNJ-CGT dispose d’une solide implantation. Depuis 2002, il s’est engagé à faire pression sur la direction pour réduire le nombre de précaires. Celui-ci a diminué, il est de 22% aujourd’hui. 150 requalifications ont été obtenues depuis 2002. <em>« Un taux normal de précarité ne devrait pas dépasser 5%. </em>»</div>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Toute l’année le syndicat négocie et parfois organise des grèves qui aboutissent à des régularisations. Plusieurs outils de négociation permettent de faire pression. Le droit d’alerte pour abus de précarité prévu par la loi de modernisation sociale de 2002. Quand le comité d’entreprise constate trop d’abus, il peut interpeller l’inspection du travail. Quand à la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC), elle aide à une meilleure organisation des ressources humaines de l’entreprise. <em>« La direction fait quelques efforts mais le premier responsable de cette précarité, c’est le ministère du budget. Les employeurs du service public sont tenus par la rigueur de Bercy. »</em></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Les journalistes pourraient assigner leurs employeurs devant les prud’hommes mais Jean-François Téaldi n’encourage pas cette méthode, même si les tribunaux vont le plus souvent dans le sens des employés. <em>« Si le jour du jugement le plaignant n’est pas employé, il sera effectivement requalifié puis licencié avec des indemnités. Le journaliste a une chance sur deux de réellement gagner son CDI. »</em> De plus, cela coûte moins cher aux entreprises de perdre le procès que d’embaucher.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">François Boissarie, qui a dirigé pendant 10 ans le syndicat national des journalistes, donne une autre explication au fait que peu de journalistes aillent aux prud’hommes. «<em> Le marché de l’emploi est tellement mauvais que l’on se contente de ce que l’on a. La peur du chômage de longue durée est réelle.»</em></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Un flou difficilement contrôlable</strong></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Christian Benas, inspecteur du travail, a officié pendant cinq ans auprès de sociétés de production et de communication. Les abus de CDD, il connaît. <em>« Tout n’est pas blanc ou noir. Il est admis dans la profession que des CDI soient remplacés par des CDD. De plus les employeurs entretiennent le flou. Il est donc très difficile de faire la part entre légal et illégal. C’est la jurisprudence qui joue dans ces cas-là. »</em></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">L’inspection du travail ne peut rien pour le cas de Julie. «<em> Quand une entreprise ferme pour l’été ou suspend ces programmes, les employés se retrouvent au chômage. Cela arrive souvent, on n’y peut rien. Mais c’est évidemment un préjudice important pour l’Assedic. »</em></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Préjudice que l’assurance chômage ne peut enrayer. Elle possède très peu de moyens pour contrôler la régularité des journalistes qui sont en chômage partiel, puisque sans cesse entre emploi et chômage. <em>« Souvent l’ANPE et l’Assedic assimilent journalistes et intermittents du spectacle, précise François Boissarie. »</em></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Selon la commission qui délivre les cartes de presse aux journalistes, on comptait en janvier 2006, 1503 chômeurs pour 35 000 salariés. Seulement la carte de privé d’emploi n’est pas remise à tout le monde. Les journalistes, qui possèdent la carte depuis moins de deux ans, sont considérés comme des stagiaires et ne sont pas comptabilisés. Tout comme les employés en CDD. François Boissarie estime que le chiffre réel est multiplié par deux. La commission ne fait pas non plus la différence entre les pigistes, les plus mal lotis de la profession, et les CDD. Sur les 35 000 salariés, près d’un sur cinq est en situation précaire.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><strong>Les employeurs ne se justifient pas</strong></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Chez France 3, Radio France et la société de production qui emploie Julie, les directions des ressources humaines n’ont pas souhaité commenter ces chiffres et justifier cet abus de CDD.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Pour François Boissarie, l’explication est simple. <em>« Ce qu’ils reprochent aux CDI, c’est le I. Dans un CDD vous tenez les deux bouts du contrat. Bien sûr c’est lourd mais vous pouvez gérer les effectifs. L’audiovisuel fait valser les CDD. Le secteur public comme Radio France et France 3 sont passés maîtres dans l’utilisation de ce contrat précaire mais ces abus touchent aussi la presse écrite, seulement c’est moins voyant. »</em></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: right;" align="right">Nolwenn Roussier</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"><sup>1</sup>Le prénom a été modifié. Elle souhaite garder l’anonymat.</p>
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