J’aurai pu naître avec un crayon à la main. L’extrait de Reiner Maria Rilke (en page d’accueil de mon site) illustre bien mon rapport avec l’écriture. Je me suis posée la question « Est-il nécessaire que j’écrive ? » et la réponse fut sans conteste oui.
Je suis parfois déçue que l’ordinateur est autant remplacé le bon vieux stylo. Quel plaisir de tenir l’indémodable Bic entre ses doigts, de laisser courir la pointe, de s’appliquer pour que l’écriture soit jolie et de reposer le stylo, de secouer son poignet endolori d’avoir trop travaillé.
Les mails ont supplanté les belles lettres manuscrites. Quel dommage ! Le plaisir d’écrire n’est plus mais également le plaisir de recevoir une enveloppe dans sa boite aux lettres, de la décacheter, de froisser le papier entre ses doigts, de parcourir ces lignes d’un autre.
Non je ne suis pas réfractaire au progrès et en tant que journaliste je n’ai guère le choix d’utiliser autre chose que mon ordinateur. Mais quand je prends des notes, debout, en pleine rue, c’est avec un cahier et un crayon !!!
Cette passion de l’écriture, associée à une curiosité sans limites m’a mené vers le journalisme.
Un journalisme humain. Dans ce métier c’est la rencontre qui m’intéresse, l’autre, ce qu’il peut m’apprendre, son histoire, ses idées… Je me suis vite rendue compte que chacun est intéressant, chacun a quelque chose à raconter même le plus petit, le plus « insignifiant ». Je veux appréhender la personne humaine dans son ensemble, dans ses ressemblances et ses différences, dans sa complexité.
Et comme un article ne peut jamais se faire sans interview, sans rencontres, sans les autres, j’assouvi perpétuellement ma curiosité !
C’est ce qui me passionne dans ce voyage intellectuel (au coin de ma rue comme au bout du monde). Les rencontres avec une autre culture, un autre mode de vie, d’autres façon de communiquer, d’aimer, de concevoir le monde.
Et grâce au journalisme, je peux partager toutes ses découvertes et ses connaissances avec des lecteurs avides d’apprendre. Tout le monde n’a pas la chance de voyager ou de faire des enquêtes poussées sur un sujet. Par mon travail je veux leur donner envie de partir, de s’intéresser à des thèmes qu’ils n’auraient pas forcément approché.
Journalisme utopique ? Peut-être. J’aime croire que quelques personnes peuvent être touchées par mes articles.
Je suis consciente de la réalité de mon métier. J’ai droit à la censure, je couvre aussi « les chiens écrasés » comme on dit dans le jargon. Ils ne sont pas moins intéressants qu’un reportage au cœur de l’Amérique latine, ils ne se traitent juste pas de la même manière et offrent moins de possibilités de créativité.
La photo est venue plus tard. Probablement grâce à une mère photographe amateur. L’image fixe. Capturer l’instant. Porter un regard. Rendre éternel des instants. Heureux comme douloureux. Saisir l’expression, l’émotion sur un visage. J’ai la même passion pour l’humain en photo qu’en écriture.
Après un bac S, une enrichissante année d’histoire à la fac, j’ai intégré l’IUT de journalisme de Tours pour 3 ans avec une spécialisation en presse magazine. J’y ai appris en plus des techniques d’écriture, la radio, la vidéo et la photo.
Depuis 2008 je pige pour différentes publications et je crée une entreprise de presse qui sera spécialisée dans le voyage/découverte.
Bonne lecture !
Nolwenn